Parlez-moi de vous (qui êtes-vous, que faites-vous? Comment êtes-vous arrivé là où vous êtes actuellement?)

Je m'appelle Hervé Bastart, je suis franco-ivoirien et je suis conseiller finances personnelles et petites entreprises dans une institution financière. Mon parcours est le suivant: j'ai vécu en Côte d'Ivoire jusqu'au secondaire puis je suis allé en France où j'ai fait mon secondaire à Saint-Etienne et mon baccalauréat en Commerce international à Montpellier. Par la suite, j'ai effectué une maîtrise en études internationales à l'université Laval. Je me suis expatrié pendant trois petites années au Texas le temps que ma résidence permanente soit effective. Je suis de retour à Québec depuis un peu plus de deux ans et parallèlement à mon activité professionnelle, je suis administrateur d’une entreprise qui confectionne des vêtements pour homme et pour femme.

Parlez-nous de votre travail/profession actuelle.

Mon rôle en tant que conseiller finances personnelles est d’accompagner les clients au niveau de trois aspects clés de leur vie financière soit le transactionnel (opérations bancaires), l’investissement (épargne) et le financement (crédit). Pour ce qui est du côté entrepreneurial, mes deux partenaires et moi avons lancé une marque de vêtements il y a un peu plus de deux ans : Rico Rich Clothing. À l’intérieur de notre entreprise, je m’occupe du développement des activités commerciales et de la trésorerie.

Qu’aimez-vous le plus de votre métier?

Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c’est le côté “universel” de la chose. Les métiers de la banque s’appliquent partout de la même façon, même si les systèmes bancaires peuvent différer compte tenu du niveau du développement d’un pays ou encore des habitudes et des comportements des clients, les fondements en matière de finances personnelles sont les mêmes d’un pays à l’autre.

Quelle est, selon vous, votre plus grande réussite jusqu’à présent?

Jusqu’à présent ma plus grande réussite est mon intégration dans une industrie pour laquelle je n’étais pas du tout prédestinée. Après mes études je me voyais travailler en sciences sociales dans un organisme international ou une organisation publique avec des champs d’intérêt à l’opposé du monde bancaire. J’avais d’ailleurs articulé mon cursus dans ce sens, mais le destin en a voulu autrement. En prime, le plus intéressant dans cette aventure est le fait que j’arrive à faire des choses qui me passionnent, comme participer au développement de ma marque de vêtements.

Quels sont les défis auxquels vous avez à faire face au quotidien?

Le plus grand défi auquel j’ai eu à faire face est de gagner la confiance de ma clientèle. Dans une industrie où le “turnover” est très élevé, les clients ont de plus en plus de mal à venir rencontrer leur conseiller pour parler de leur stratégie d’investissement ou de projet quelconque. Le relationnel est très important dans mon métier et la confiance accordée passe avant tout par un “bon contact”, vient ensuite le côté expert pour répondre aux besoins des clients. Au bout d’un an j’ai réussi à apprivoiser la majorité de mon portefeuille client et à être incontournable pour tout ce qui a trait aux finances personnelles de mes clients et davantage. Ces derniers me réfèrent régulièrement et n’hésitent pas à me consulter dès qu’une question liée au domaine bancaire les taraude.

Au niveau de ma marque de vêtements, j’ai manqué un peu de temps pour m’y consacrer pleinement. Je suis donc à temps partiel par défaut et cela est un peu plus difficile au quotidien. La réciproque y est pour mes autres partenaires, alors cette année je me donne comme défi d’être plus présent, car les demandes sont en croissance et nous nous devons de ne pas manquer une seule opportunité.

Quel est le meilleur conseil (d’affaires) que vous ayez jamais reçu?

Seules les espèces qui s’adaptent survivent. Ceci s’applique tant au niveau personnel que professionnel. En affaires, il est important de s’adapter rapidement au changement. Ceci me sert autant dans ma vie de banquier que dans ma vie d’entrepreneur.

Auriez-vous des conseils à donner à de jeunes entrepreneurs/professionnels qui voudraient se lancer dans votre domaine?

Pour exercer la profession de conseiller finances personnelles, en plus de toutes les qualités qu’on peut avoir, trois me paraissent incontournables : la curiosité, la rigueur et la créativité. Il faut être à l’écoute des clients, s’intéresser à leurs projets et y travailler comme si c’étaient les nôtres et enfin toujours aller au-delà de ce que le client désire…

Certains se lancent directement dans les affaires sans avoir un emploi parallèlement à leur vie de nouvel entrepreneur. Selon moi, c’est important d’aller d’abord sur le marché du travail pour, d’une part, vivre la réalité du terrain, et, d’autre part, se créer une certaine sécurité au niveau de ses finances. Il est plus facile par la suite de se consacrer pleinement à son entreprise lorsqu’on commence à maîtriser l’activité.

Pourriez-vous nous dire si et comment votre parcours/background a été un atout dans votre carrière?

Toute formation est utile, peu importe le métier que l’on fait, mais je pense que le gros atout par rapport à mon cursus est la pluridisciplinarité. J’ai des champs d’intérêt tellement divers que j’arrive à mettre à l’aise mes clients dès la première rencontre et ceci facilite énormément les choses pour créer un déclic de confiance. Mon passage en école de commerce m’apporte énormément au niveau de mon entreprise, notamment au niveau de la négociation interculturelle avec les fournisseurs ou encore au niveau du marketing.

Quelle est votre définition du leadership?

Le leadership c’est “l’autorité morale” qui rassure, inspire, motive et passe à l’action avant tout.

Qu’annonce le futur pour vous?

Le futur ne s’est pas encore bien dessiné à l’horizon pour moi. Ceci dit dans le cadre professionnel je pense avoir bientôt fini d’écrire le chapitre de conseiller finances personnelles et j’en écrirai certainement un nouveau toujours dans le registre bancaire. Les perspectives de développement sont nombreuses alors ma vision du futur est très positive. Pour ce qui est de Rico Rich Clothing, c’est l’expansion au niveau des points de vente. Nous sommes déjà vendus dans plusieurs villes au Québec et nous souhaitons nous développer davantage et accentuer nos ventes en ligne.

Quelle est la citation la plus inspirante que vous ayez entendue/lu?

“L’imagination est plus importante que le savoir” disait Albert Einstein. Il faut toujours aller plus loin que ce que l’on nous a appris ou ce que l’on croit connaître, car le savoir seul ne sert pas à grand-chose dans le fond…

Quelle votre opinion sur la communauté africaine de Québec?

La communauté africaine de Québec est assez discrète. Je ne sais pas vraiment ce que représente cette communauté dans la ville de Québec et dans les différents secteurs d’activité. Aux études, je côtoyais beaucoup plus la communauté africaine estudiantine, mais il est vrai que c’est moins le cas dans la vie active. Toutefois, étant quelqu’un d’assez loquace et impliqué dans certains groupes, cela me permet de rencontrer régulièrement des Africains vivant à Québec. De plus, j’ai quand même un cercle d’amis et des connaissances originaires d’Afrique que j’ai connu dès mon arrivée à Québec en 2008.

Pourquoi le réseautage est-il important pour vous?

Le réseautage est indispensable, il est permis de relier des gens, faire de nouvelles rencontres et de créer des connexions, d’échanger sur des projets divers. Tout est réseau de nos jours et en général des groupes de réseaux tel que Manyatta représentent le microcosme d’un environnement global. Manyatta représente ainsi le microcosme de la communauté afro-caribéenne dans la ville de Québec.

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